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Une pratique n'est pas une promesse, c'est une cadence.

Sophrologie · 1 septembre 2026

Sophrologie : ce que c’est, une séance type, l’avis de l’INSERM

Créée en 1960 par Alfonso Caycedo. Déroulé d'une séance, titre non protégé, non remboursé, et la conclusion exacte du rapport INSERM du 20/02/2021.

  • Nuque
  • Épaules
  • Thorax
  • Ventre
  • Bassin
  • Jambes

À faire maintenant, avant de lire quoi que ce soit : assis, dos contre le dossier, pieds au sol, épaules relâchées. Inspirer 5 secondes par le nez, expirer 5 secondes par la bouche entrouverte, sans forcer et sans bloquer entre les deux. Soit 6 respirations par minute. Tenir 3 minutes, c’est-à-dire 18 cycles. Rien à fermer, rien à installer : ça se fait à un bureau, sous néon, sans que personne le remarque. Le reste de cette page explique ce qu’est la sophrologie, comment se déroule une séance, ce que dit la loi française et ce qu’a conclu l’INSERM le 20/02/2021.

Temps de lecture : 8 minutes.

La cadence, en clair

Sophrologie : ce que c'est, une séance type, l'avis de l'INSERM

Le tracé ci-dessous est la cadence 5″/5″ : montée de 5 secondes, descente de 5 secondes, répétée. Suivre la ligne des yeux suffit à tenir le rythme.

5″ in5″ ex

  • Position : assis, dos soutenu, mains posées sur les cuisses. Debout aussi, si la station assise n’est pas possible.
  • Durée : 3 minutes, soit 18 cycles. Ni plus court, ni « quand j’y pense ».
  • Rythme : 5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, sans pause forcée.
  • Ce que ça fait : la fréquence cardiaque accélère à l’inspiration et ralentit à l’expiration — c’est l’arythmie sinusale respiratoire, un fait physiologique de base. Respirer autour de 6 respirations par minute met en phase les oscillations respiratoires et celles de la pression artérielle (Lehrer & Gevirtz, Frontiers in Psychology, 2014;5:756). Cette fréquence est individuelle : la littérature la situe généralement entre 4,5 et 6,5 respirations par minute selon les personnes.

Le protocole complet, ses variantes et sa fréquence dans la semaine sont détaillés sur la cohérence cardiaque. Une cadence alternative, à quatre temps égaux, est décrite sur la respiration carrée.

On arrête si

Ne pratiquez pas en conduisant ni en nageant. Arrêtez immédiatement si vous ressentez des vertiges, des fourmillements, une gêne respiratoire ou une accélération de l’angoisse : la respiration contrôlée ne convient pas à tout le monde. Si vous êtes suivi pour un trouble respiratoire, cardiaque, une hypotension, un trouble panique ou une épilepsie, ou si vous êtes enceinte, demandez l’avis de votre médecin avant de commencer.

Sommaire

Qu’est-ce que la sophrologie

La sophrologie a été créée en 1960, à Madrid, par Alfonso Caycedo (1932-2017), médecin colombien neuropsychiatre, en réaction aux pratiques psychiatriques de l’époque. Le mot est forgé de trois racines grecques : sos, phren, logos. Ce n’est donc ni une pratique ancestrale, ni une tradition orientale, contrairement à ce que suggèrent beaucoup de pages de présentation.

La méthode est née de l’hypnose clinique et de la phénoménologie. Les influences orientales — yoga, zen, bouddhisme tibétain — ont été intégrées après coup, à la suite d’un voyage de Caycedo en Asie dans les années 1960. L’ordre compte : la version « yoga plus zen » efface l’origine médicale de la méthode.

« Sophrologie caycédienne » est une marque déposée en 1992, portée par Sofrocay (Andorre). Elle désigne une école particulière, pas la sophrologie en général : la majorité des sophrologues français exercent hors de ce cadre. La distinction est développée sur la sophrologie caycédienne.

Le rapport de l’INSERM cité plus bas établit un point de fond que presque personne n’écrit : il n’existe pas une sophrologie, mais des sophrologies. Un premier courant, fidèle au fondateur, situe la méthode « non dans le champ de la thérapie mais dans celui de l’accompagnement » (Sophrologie Caycédienne / Méthode Caycedo, formalisée en 1995). Un second courant, dit généraliste, fondé sur la création d’avant 1995, se considère lui-même comme une thérapie. C’est la source réelle de la confusion que rencontre le public : deux pratiques portent le même nom et ne revendiquent pas le même statut.

Open space, 15 h : la cadence 5″/5″ se pratique à ce poste, sans se lever.

Le déroulé d’une séance

Le déroulé décrit ici est le plus courant. Il varie selon l’école : les deux courants évoqués plus haut n’organisent pas les séances de la même manière, et aucune norme nationale ne s’impose à eux.

  • Entretien d’accueil : ce qui amène la personne, ce qu’elle attend.
  • Relaxation dynamique : mouvements simples, contractions et relâchements, respiration, debout ou assis, yeux fermés.
  • Sophronisation : une phase guidée par la voix, en état de détente, avec visualisation d’images positives ou de situations à venir.
  • Temps d’expression : la personne dit ce qu’elle a ressenti.

Durée usuelle : 45 minutes à 1 heure. À tout moment, la personne reste consciente et autonome : elle n’est pas endormie et elle n’est pas sous hypnose.

Le principe pédagogique central est l’entraînement : la séance sert à apprendre des exercices que la personne refait seule. Une sophrologie qui ne rendrait pas autonome n’est pas conforme à sa propre doctrine — c’est, concrètement, un bon critère pour choisir un praticien.

Par construction, la sophrologie ne pose pas de diagnostic, n’interprète pas l’inconscient (elle n’est pas de la psychanalyse), ne prescrit rien, ne touche pas le corps (elle n’est ni massage ni ostéopathie) et ne fait pas d’hypnose.

Le statut légal en France

La synthèse tient en une phrase : ce qui n’est pas illégal, c’est d’exercer comme sophrologue ; ce qui l’est, c’est de glisser vers le soin — diagnostiquer, promettre une guérison, détourner d’un traitement. Aucun des textes ci-dessus ne rend la sophrologie illégale, et aucun ne la valide.

Choisir un praticien

En France, le titre de sophrologue n’est pas protégé : aucun diplôme, aucun agrément et aucune inscription obligatoire ne sont exigés pour l’utiliser. Avant de prendre rendez-vous, demandez la formation suivie et sa durée, l’appartenance à une organisation professionnelle, le tarif à la séance et le nombre de séances envisagé. Trois signaux doivent vous faire partir : on vous promet la guérison, on vous conseille d’arrêter ou d’espacer un traitement médical, on vous demande de payer d’avance un long programme.

Ce qu’en dit la science : le rapport INSERM

Le 20/02/2021, l’INSERM a publié un rapport intitulé « Evaluation de l’efficacité et de la sécurité de la sophrologie – 2020 », expertise datée de décembre 2020, réalisée dans le cadre d’une convention entre la Direction générale de la santé et l’INSERM, par S. Ben Khedher Balbolia, A. Ali, C. Hassler, C. Barry et B. Falissard.

Sa conclusion, mot pour mot :

« Quelques études se sont penchées sur la question de l’efficacité de la sophrologie, trop peu sont méthodologiquement convaincantes et leurs résultats trop hétérogènes pour que l’on puisse affirmer ou infirmer une quelconque efficacité. »

Le rapport écrit aussi que « les formations sont hétérogènes, peu encadrées », que la théorie sous-jacente « n’en est pas moins toujours largement spéculative », et que « la question des effets indésirables reste en suspens ».

Ce que ce rapport ne dit pas. Il ne conclut pas que la sophrologie est inefficace. Il conclut qu’on ne peut ni l’affirmer ni l’infirmer. Écrire « l’INSERM a démonté la sophrologie » est aussi faux qu’écrire « la sophrologie est reconnue ». Le rapport note d’ailleurs qu’il est « difficile d’en blâmer la seule communauté des sophrologues », rien n’étant organisé au niveau national pour évaluer les interventions non médicamenteuses.

Il n’existe par ailleurs aucune revue systématique Cochrane consacrée à la sophrologie, ni de méta-analyse d’ensemble. Les essais publiés sont peu nombreux, hétérogènes et de méthodologie souvent faible.

La formulation juste est donc celle-ci : la sophrologie n’a pas fait l’objet d’une évaluation scientifique permettant d’affirmer son efficacité. Ce que rapportent les personnes qui la pratiquent — se détendre, mieux dormir, aborder plus sereinement un examen ou un accouchement — n’est pas mesuré comme le serait un traitement.

Poste de travail, fin de journée : 18 cycles de 5″/5″ tiennent dans la pause de 3 minutes.

Ce qu’elle n’est pas

Ce n’est pas de l’hypnose. La personne reste consciente et autonome pendant toute la séance, et la sophrologie ne repose pas sur la suggestion à un sujet en état modifié. La comparaison méthode par méthode est traitée sur sophrologie ou hypnose.

Ce n’est pas la sophrologie caycédienne. Cette dernière est une marque et une école ; citer un contenu caycédien en écrivant « la sophrologie enseigne que… » est une erreur de fond. Le détail est sur la page dédiée.

Ce n’est pas de la méditation de pleine conscience. Les deux pratiques n’ont ni la même origine, ni le même niveau de preuve, ni les mêmes précautions : la comparaison est faite sur la méditation de pleine conscience.

Ce n’est pas la réponse à un épuisement professionnel. Une pratique de relaxation peut accompagner ; elle ne prend jamais la main. Ce que dit le droit français et à qui s’adresser figure sur le burn-out.

Aucune de ces pratiques ne soigne une maladie et aucune ne remplace un suivi. Ce qu’on peut en attendre, c’est un outil de plus pour se détendre, mieux supporter une période difficile ou aborder plus calmement un événement — pas la disparition d’un trouble.

Prix et remboursement

Une séance se paie de sa poche : l’Assurance Maladie ne rembourse pas la sophrologie. Certaines mutuelles prévoient un forfait « médecines douces » ou « bien-être », plafonné, souvent sur présentation d’une facture et parfois sous condition de formation du praticien. Vérifiez le montant et les conditions auprès de votre complémentaire avant de commencer.

Aucun prix moyen n’est indiqué sur cette page : voir ci-dessous.

Avertissement santé

Cet article est une information générale, pas un avis médical. La sophrologie, la cohérence cardiaque et la méditation sont des pratiques de bien-être : elles ne remplacent ni une consultation, ni un diagnostic, ni un traitement. Si vous ressentez une souffrance qui dure, qui s’aggrave ou qui vous empêche de vivre normalement, parlez-en à votre médecin traitant. N’arrêtez jamais un traitement en cours sans l’avis du médecin qui vous l’a prescrit.

Si vous allez très mal, ne restez pas seul. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (Samu) ou le 112. Pour une souffrance psychique, le 3114 est le numéro national de prévention du suicide : gratuit, confidentiel, joignable 24 h/24 et 7 j/7 par un professionnel de santé.

Sources

  • INSERM, « Evaluation de l’efficacité et de la sécurité de la sophrologie – 2020 », publié le 20/02/2021 — inserm.fr (consulté le 31/08/2026).
  • Ministère de la Santé, « Les pratiques de soins non conventionnelles » — sante.gouv.fr (consulté le 31/08/2026).
  • Code de la santé publique, quatrième partie ; art. L.4161-1. Loi n° 2024-420 du 10/05/2024, art. 223-1-2 du code pénal (relevé du 31/08/2026).
  • ameli.fr, remboursement des pratiques non conventionnelles (consulté le 31/08/2026).
  • Lehrer & Gevirtz, « Heart rate variability biofeedback: how and why does it work? », Frontiers in Psychology 2014;5:756.

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Chloe Lemoine

Rédactrice · développement personnel, motivation, objectifs

Chloe Lemoine suit développement personnel, motivation, objectifs pour about-goal-setting.com et vérifie chaque information avant publication.

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