Aller au contenu
Bilan de compétences

Bilan de compétences pendant un arrêt maladie : est-ce possible ?

Oui, c'est possible si le médecin l'autorise.

Chloé Lemoine

Par

· 8 min de lecture

Bilan de compétences pendant un arrêt maladie : est-ce possible ?
Photo Tara Winstead / Pexels

Oui, vous pouvez réaliser un bilan de compétences pendant un arrêt maladie, sous réserve de l’accord de votre médecin et, selon les cas, avec information ou accord de l’Assurance maladie. Ce n’est pas du « travail » au sens de l’arrêt, c’est une action assimilée à de la formation. Pour avancer concrètement, voyez votre médecin, vérifiez la compatibilité avec votre CPAM si besoin, et contactez un conseiller en évolution professionnelle pour cadrer le projet.

Peut‑on faire un bilan de compétences pendant un arrêt maladie ?

Oui, c’est possible si votre médecin l’autorise. Le site Service‑public rappelle qu’un salarié en arrêt peut suivre une action de formation, sous réserve d’avis médical. Le bilan de compétences entre dans les actions prévues par le code du travail.

La Haute Autorité de Santé mentionne des actions de remobilisation précoce pendant l’arrêt, possibles selon les situations et avec l’Assurance maladie. L’idée est de favoriser une reprise sécurisée en préparant la suite, sans reprendre un travail effectif. Faire un bilan n’est pas « travailler » ; exercer son emploi pendant l’arrêt reste interdit.

Quelles autorisations et précautions prendre avant de commencer ?

Parlez-en à votre médecin traitant. Demandez un avis écrit sur la compatibilité du bilan avec votre état. Gardez ce document. En cas de doute administratif (rémunérations, trajets, plages horaires), sollicitez la CPAM pour vérifier que l’organisation du bilan entre bien dans le cadre de l’arrêt. La HAS indique que certaines actions de remobilisation peuvent nécessiter un accord de l’Assurance maladie selon les dossiers.

Ne confondez pas bilan et travail. Un arrêt interdit le travail effectif, sauf autorisation spécifique. Un bilan est une action d’accompagnement et de formation, avec des rendez‑vous planifiés et des travaux personnels raisonnables. En pratique, faites figurer « bilan de compétences » sur les convocations, conservez les attestations de présence, et privilégiez des créneaux compatibles avec vos restrictions. Le cas échéant, indiquez les séances dans votre agenda médical pour tracer l’effort de remobilisation.

Si l’arrêt est lié au travail, vous pouvez aussi prévoir une visite de pré‑reprise auprès du médecin du travail pour parler du rythme, des aménagements, et de l’articulation avec un bilan. Cela sécurise la suite.

Financement pendant l’arrêt : CPF, prise en charge et participation

Ce qu’il faut savoir sur le CPF au 18/09/2026 : selon les décrets n° 2026‑126 et n° 2026‑127 du 24/02/2026, la prise en charge d’un bilan de compétences par le CPF est plafonnée à 1 600 € par bilan. Une seule prise en charge CPF est possible tous les 5 ans. Depuis avril 2026, une participation forfaitaire du titulaire de 150 € s’applique (décret n° 2026‑234 du 30/03/2026), sauf pour les demandeurs d’emploi et si l’employeur abonde. Pour vérifier l’application à votre cas, consultez la page d’actualité de MonCompteFormation.

Le CPF finance l’accompagnement du bilan par un organisme éligible. Les temps de travail personnel ne sont pas facturables par l’organisme ; seules les heures d’accompagnement entrent dans le devis. La commande se fait via la plateforme MonCompteFormation, qui vous affiche le reste à charge éventuel, la possibilité d’abondement et les modalités de report si votre état de santé évolue.

Autres pistes possibles, selon votre situation et votre région : prise en charge par l’employeur (hors temps de travail pendant l’arrêt), aides régionales, dispositifs portés par Transitions Pro si un projet de formation certifiante se dessine, ou articulation avec une future démarche de reconversion. Pour ne rien rater, échangez d’abord avec un conseiller en évolution professionnelle.

Organisation pratique : durée, format et compatibilité avec l’arrêt

Le bilan de compétences est défini par l’article L6313‑1 du code du travail, et sa durée ne peut pas dépasser 24 heures par bilan, conformément aux articles L6313‑4 et suivants. Vous pouvez le vérifier sur Légifrance. Ce plafond donne un cadre. Il se répartit en entretiens, analyses et travail personnel, étalés sur plusieurs semaines.

En pratique, le format doit rester compatible avec votre arrêt. Privilégiez des séances courtes, en visio ou téléphone si c’est plus confortable, avec des temps d’intégration. Demandez à l’organisme d’acter noir sur blanc ce rythme dans la convention et d’émettre des attestations de présence, pas d’« heures travaillées ». À chaque étape, ajustez si nécessaire avec votre médecin, comme le suggèrent les recommandations de la HAS.

Pour rester éligible au CPF, l’organisme doit proposer un déroulé conforme aux exigences de la plateforme, avec entretiens, investigations, et une synthèse remise en fin de parcours. Le portail des organismes rappelle que le bilan ne se réduit pas à un test en ligne ; il requiert un accompagnement structuré.

Point confidentialité : le document de synthèse vous appartient. Il n’est transmis à l’employeur qu’avec votre accord écrit, d’après l’article L6313‑4 et l’article R6313‑7 du code du travail. Conservez‑le précieusement et décidez à qui vous souhaitez en parler.

Risques et cas particuliers

Mi‑temps thérapeutique. Si vous êtes en mi‑temps thérapeutique, l’équilibre entre activité et accompagnement doit être pensé avec le médecin du travail. La page d’Ameli décrit les visites et échanges utiles pour organiser une reprise progressive. Le CEP peut vous aider à caler le calendrier du bilan sur vos capacités du moment.

Arrêt longue durée et pré‑reprise. Au‑delà de 30 jours d’arrêt, une visite de pré‑reprise peut être sollicitée pour anticiper la suite et prévenir les rechutes. Évoquez le bilan de compétences pendant cette visite pour valider son intérêt et son rythme. C’est un espace de dialogue utile entre vous, le médecin du travail et le médecin traitant.

Formation en entreprise ou proposition de l’employeur. Si votre employeur propose ou finance un bilan, le cadre juridique reste le même : 24 heures maximum, et la synthèse est votre propriété. Sans votre accord écrit, elle ne lui est pas communiquée. Vous pouvez aussi choisir un organisme différent de celui suggéré, à condition qu’il soit éligible.

Projet de reconversion. Si le bilan fait émerger une reconversion, respectez l’ordre des étapes. La démission‑reconversion (article L5422‑1‑1) suppose d’abord un accompagnement par le CEP, puis la validation du caractère « réel et sérieux » de votre projet par la commission de Transitions Pro de votre région, avant toute démission. Ensuite, l’inscription à France Travail doit intervenir dans les 6 mois. Anticiper ces jalons évite les ruptures de droits.

À qui vous adresser

  • Votre médecin traitant : avis médical sur l’opportunité et le rythme du bilan pendant l’arrêt. Demandez un écrit qui mentionne la compatibilité avec votre état.
  • Votre CPAM : pour sécuriser la compatibilité administrative lorsque le bilan s’inscrit dans une démarche de remobilisation ou si des doutes subsistent sur les horaires autorisés.
  • Médecin du travail : utile en cas d’arrêt long, de mi‑temps thérapeutique, ou pour préparer la reprise. Demandez une visite de pré‑reprise si besoin.
  • Conseil en évolution professionnelle (CEP) : gratuit et ouvert à tous les actifs selon l’article L6111‑6 du code du travail. Interlocuteurs selon votre profil : opérateur régional pour les salariés, APEC si vous êtes cadre, France Travail si vous devenez demandeur d’emploi, Cap emploi si vous êtes en situation de handicap. Le CEP vous éclaire sur le bon financement, le choix de l’organisme, et l’articulation avec un projet de transition professionnelle.
  • Transitions Pro de votre région : pour un projet de transition professionnelle (PTP) si une formation certifiante est envisagée avec maintien de rémunération, sous conditions d’ancienneté.
  • Organisme de bilan : vérifiez son éligibilité CPF, sa déclaration d’activité, et la certification Qualiopi. Rappelez‑vous que Qualiopi atteste le processus de l’organisme, pas la qualité du résultat. Demandez un calendrier compatible avec votre arrêt et une convention claire.

Si vous allez très mal, ne restez pas seul. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit, confidentiel et joignable 24 h/24 et 7 j/7. Votre médecin traitant ou votre médecin du travail peuvent aussi vous recevoir : cette démarche ne passe pas par votre employeur.

Questions fréquentes

Dois‑je prévenir mon employeur si je fais un bilan pendant mon arrêt ?

Non, pas pour l’y autoriser. Le bilan relève de votre initiative et le document de synthèse vous appartient ; il n’est transmis à l’employeur qu’avec votre accord écrit, comme le prévoient les articles L6313‑4 et R6313‑7 du code du travail.

Combien de temps dure un bilan de compétences quand on est en arrêt ?

La loi fixe un maximum de 24 heures par bilan. Avec votre conseiller, vous pouvez étaler ces heures sur plusieurs semaines pour respecter votre rythme et les éventuelles restrictions liées à l’arrêt.

Le CPF couvre‑t‑il tout le coût du bilan pendant un arrêt maladie ?

Au 18/09/2026, le CPF prend en charge jusqu’à 1 600 € pour un bilan, avec une participation forfaitaire de 150 € pour le titulaire, sauf exceptions prévues par les textes de 2026. Vérifiez votre reste à charge sur votre espace MonCompteFormation et voyez avec le CEP les abondements possibles.

Le bilan peut‑il accélérer ou retarder ma reprise du travail ?

Un bilan n’est pas une décision médicale. Il peut éclairer vos choix professionnels, mais la date et les modalités de reprise relèvent du dialogue avec votre médecin traitant et, si besoin, le médecin du travail. Ajustez le calendrier si votre état évolue.

Envie de faire le point en 2 minutes sur l’opportunité d’un bilan maintenant ou plus tard, les interlocuteurs utiles et l’ordre des étapes ? Lancez le diagnostic Objectif Rebond et recevez un plan d’action personnalisé, clair et sans jargon.

Chloé Lemoine

Rédactrice · bilan de compétences, reconversion, CPF

Chloé Lemoine couvre le bilan de compétences et la reconversion professionnelle : dispositifs, financement par le CPF, étapes et pièges à éviter. Elle s'appuie sur les textes officiels (Code du travail, France Travail, Mon Compte Formation) et date chaque vérification.

Voir tous les articles de Chloé

À lire ensuite