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Burn-out

Mi-temps thérapeutique : reprise progressive du travail

Reprise à temps partiel prescrite par le médecin traitant et aménagée avec le médecin du travail.

Nora Girard

Par

· 9 min de lecture

Mi-temps thérapeutique : reprise progressive du travail
Photo Los Muertos Crew / Pexels

Le mi-temps thérapeutique, appelé « temps partiel pour motif thérapeutique », permet de reprendre le travail de façon progressive quand un retour à temps plein est trop difficile. Il est prescrit par votre médecin, avec un aménagement du poste proposé par le médecin du travail, et ouvre droit à une indemnisation spécifique de l’Assurance Maladie égale à la moitié de l’indemnité d’un arrêt complet. Une visite de préreprise peut être organisée avant le retour et une visite de reprise doit avoir lieu dans les 8 jours suivant la reprise effective, sous la responsabilité du médecin du travail.

Réponse rapide : qu’est‑ce que le mi‑temps thérapeutique ?

Le temps partiel pour motif thérapeutique est une reprise du travail sur des horaires réduits, décidée quand l’état de santé ne permet pas une reprise à temps plein. Il est prescrit par votre médecin traitant et s’organise avec votre employeur sur la base des recommandations du médecin du travail ; la reprise progressive peut suivre ou non un arrêt complet, cette condition ayant été supprimée depuis 2019. Pendant ce temps partiel, l’Assurance Maladie verse une indemnité journalière égale à la moitié de celle d’un arrêt complet, et une visite de reprise est organisée par l’employeur dans les 8 jours.

Qui peut le demander et qui le prescrit ?

Vous pouvez demander un temps partiel thérapeutique à votre médecin traitant, qui en fait la prescription médicale sur un arrêt de travail à temps partiel. Le médecin du travail n’ordonnance pas l’arrêt, mais il évalue avec vous l’aptitude, propose des aménagements et peut recommander un temps partiel pour raison thérapeutique dans ses avis à l’employeur. Vous pouvez saisir directement le médecin du travail, sans passer par votre hiérarchie, et il est tenu au secret médical.

Depuis le 1er janvier 2019, la mise en temps partiel thérapeutique n’est plus subordonnée à l’existence d’un arrêt complet préalable. Elle peut donc être proposée pour éviter une désinsertion professionnelle et faciliter une reprise progressive, y compris après une courte interruption ou sans arrêt préalable si la situation le justifie.

Comment ça se met en place (démarches pratiques)

Idéalement, l’échange démarre pendant l’arrêt, lors d’une visite de préreprise avec le médecin du travail. Cette visite est possible après 30 jours d’arrêt et peut être demandée par vous, votre médecin traitant ou le service médical de l’Assurance Maladie ; elle prépare l’organisation du retour, les aménagements et, le cas échéant, un temps partiel thérapeutique.

Le jour de votre reprise à temps partiel, l’employeur doit organiser la visite de reprise auprès du médecin du travail, au plus tard dans les 8 jours. Lors de cette visite, le médecin du travail confirme votre aptitude avec ou sans réserves, propose des adaptations et précise, si nécessaire, les modalités du temps partiel. Le contenu médical reste confidentiel ; seules des préconisations professionnelles sont transmises à l’employeur.

Pour l’indemnisation, l’employeur adresse une attestation de salaire à la Caisse via le portail adapté afin que vos indemnités journalières soient calculées. L’organisation des horaires et la répartition du temps de travail se négocient entre vous et l’employeur, en tenant compte des recommandations du médecin du travail ; aucun barème légal d’horaires n’est imposé.

Indemnisation et salaire : que reçoit‑on ?

Durant un temps partiel thérapeutique, l’Assurance Maladie verse une indemnité journalière égale à la moitié de celle qui aurait été versée en cas d’arrêt complet. Cette indemnité s’ajoute au salaire correspondant aux heures réellement travaillées, payées par l’employeur.

En parallèle, certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient un maintien partiel du salaire pendant l’arrêt de travail. De droit commun, le maintien par l’employeur est conditionné à une ancienneté d’au moins 1 an dans l’entreprise, selon l’article L1226‑1 du code du travail. Les modalités exactes (taux, durée, éventuelle carence employeur) varient selon votre situation, votre convention collective et les accords internes ; rapprochez‑vous de votre service RH.

Repères utiles sur les indemnités journalières de Sécurité sociale en cas d’arrêt de travail, fournis par Service‑public : délai de carence de 3 jours avant indemnisation ; montant de base égal à 50 % du salaire journalier de base calculé à partir des 3 derniers mois ; plafond journalier ; durée maximale de versement de 12 mois sur une période de 3 ans en droit commun, portée à 3 ans en cas d’affection de longue durée. Ces repères aident à situer votre situation si un arrêt complet alterne avec un temps partiel thérapeutique.

Rappel daté (18/09/2026) : les montants, seuils et plafonds évoluent. Vérifiez les informations actualisées sur Ameli et sur Service‑public avant toute simulation.

Durée, horaires, et cas particuliers

La loi ne fixe ni une durée standard, ni des horaires types pour le temps partiel thérapeutique. Les quotités et l’organisation (matinées, journées alternées, plages fixes) se définissent au cas par cas entre vous et l’employeur, à partir des préconisations du médecin du travail ; elles peuvent évoluer avec votre état de santé.

Dans la fonction publique, le temps partiel pour raison thérapeutique obéit à des règles spécifiques : la quotité minimale, les délais de décision et la procédure diffèrent du privé. Référez‑vous à la fiche dédiée de Service‑public pour connaître les modalités applicables à votre versant (État, territorial, hospitalier) et les pièces à fournir.

Si vous êtes reconnu en affection de longue durée, certaines règles d’indemnisation et de carence diffèrent par rapport au droit commun. Adressez‑vous à votre caisse pour confirmer l’impact sur vos indemnités, notamment en cas d’alternance entre arrêts complets et temps partiel thérapeutique. En cas d’inaptitude prononcée par le médecin du travail, la logique n’est plus celle d’une reprise progressive mais celle d’une recherche de reclassement ou, à défaut, d’un éventuel licenciement selon la procédure spécifique ; faites‑vous accompagner.

Qui contacter immédiatement

  • Votre médecin traitant : pour discuter de l’opportunité d’une reprise progressive et, le cas échéant, prescrire un arrêt de travail à temps partiel.
  • Le médecin du travail : pour organiser une visite de préreprise si votre arrêt dépasse 30 jours, préparer les aménagements, puis réaliser la visite de reprise. Vous pouvez le saisir directement et il est tenu au secret médical.
  • Votre employeur ou le service RH : pour négocier l’organisation concrète du temps partiel thérapeutique, planifier votre retour et transmettre l’attestation de salaire à la caisse.
  • Votre CPAM ou votre MSA : pour confirmer vos droits, le versement des indemnités journalières et les justificatifs attendus.

Si vous allez très mal, ne restez pas seul. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit, confidentiel et joignable 24 h/24 et 7 j/7. Votre médecin traitant ou votre médecin du travail peuvent aussi vous recevoir : cette démarche ne passe pas par votre employeur.

Ce qui change selon la situation

Arrêt long (plus de 30 jours) : vous pouvez demander une visite de préreprise pour préparer votre retour avec le médecin du travail. Cette étape facilite un dialogue apaisé avec l’employeur et anticipe les points sensibles (horaires, tâches, télétravail, restrictions temporaires), ce qui évite de décider dans l’urgence le jour de la reprise.

Affection de longue durée : les limites de durée des indemnités et certaines règles de carence diffèrent de celles du droit commun. Comme les situations varient, demandez une confirmation écrite de votre caisse sur les droits ouverts si vous alternez arrêts et temps partiel thérapeutique, ou si votre reprise s’étale.

Reprises successives ou paliers : il est possible d’ajuster la quotité au fil du temps, si la prescription médicale évolue et que l’organisation le permet. Conservez une trace des aménagements convenus avec l’employeur et tenez informé le médecin du travail pour réévaluer périodiquement.

Conventions collectives plus favorables : certaines prévoient un maintien de salaire plus élevé ou des délais plus courts. Référez‑vous à votre convention collective et au service RH pour connaître vos droits exacts. En cas de désaccord persistant, un conseiller du salarié, un délégué syndical ou l’inspection du travail peuvent vous orienter sur les voies de recours.

Sources et vérifications

À qui vous adresser

  • Médecin traitant : point médical, indication éventuelle d’un temps partiel thérapeutique, prescription d’arrêt à temps partiel.
  • Médecin du travail : visite de préreprise et de reprise, préconisations d’aménagement, suivi de la reprise.
  • Service RH / employeur : organisation des horaires, adaptation du poste, transmission des justificatifs à la caisse.
  • CPAM ou MSA : droits et indemnisation, articulation entre salaire et indemnités, cas particuliers (ALD, arrêts successifs).
  • Conseil en évolution professionnelle (CEP) : si la reprise interroge votre projet professionnel, vous pouvez obtenir un accompagnement gratuit prévu par l’article L6111‑6 du code du travail ; APEC pour les cadres, un opérateur régional pour les salariés, France Travail pour les demandeurs d’emploi.
  • Transitions Pro : si un besoin de formation certifiante apparaît, renseignez‑vous sur le projet de transition professionnelle et ses conditions.

Si vous allez très mal, ne restez pas seul. En cas de danger immédiat, appelez le 15 ou le 112. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit, confidentiel et joignable 24 h/24 et 7 j/7. Votre médecin traitant ou votre médecin du travail peuvent aussi vous recevoir : cette démarche ne passe pas par votre employeur.

Questions fréquentes

Le mi‑temps thérapeutique est‑il un droit opposable à l’employeur ?

Non. Il repose sur une prescription médicale et une organisation à convenir avec l’employeur, sur la base des recommandations du médecin du travail. En cas de blocage, sollicitez le médecin du travail pour une médiation et faites préciser par écrit les motifs de refus et les alternatives proposées.

Combien de temps peut durer un temps partiel thérapeutique ?

Il n’existe pas de durée légale unique. La durée résulte de la prescription médicale et des aménagements convenus, et peut être réévaluée lors du suivi par le médecin du travail.

Mon indemnité journalière commence‑t‑elle tout de suite en mi‑temps thérapeutique ?

Le principe est un versement d’une indemnité égale à la moitié de celle d’un arrêt complet, après transmission de l’attestation de salaire. Selon votre parcours récent d’arrêts, certaines règles de carence ou de plafond peuvent s’appliquer ; confirmez avec votre caisse.

Puis‑je télétravailler pendant un temps partiel thérapeutique ?

Oui, si le poste s’y prête, avec l’accord de l’employeur et en cohérence avec les recommandations du médecin du travail. Formulez les modalités par écrit pour clarifier les plages travaillées et les objectifs adaptés.

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Nora Girard

Rédactrice · burn-out, arrêt de travail, stress au travail

Nora Girard suit le burn-out, l'arrêt de travail et le stress au travail : droits pendant l'arrêt, reprise, rôle du médecin du travail. Elle n'est pas médecin : ses articles s'appuient sur l'Assurance Maladie, l'INRS et la Haute Autorité de santé, et renvoient vers un professionnel de santé.

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